26 octobre 2012 - Colloque

Neutralité de l’État en matière religieuse : histoires, représentations, pratiques. Une comparaison Amérique du Nord - Union européenne

Problématique

La multiplication des groupes religieux minoritaires en Europe et au Canada, l’attraction croissante suscitée par les groupes évangéliques, la montée des courants charismatiques ou la visibilité de certaines pratiques orthodoxes de l’islam questionnent les agencements traditionnels en matière de régulation par l’État du pluralisme religieux. Dans ce contexte d’accroissement de la visibilité du religieux, l’expression de certaines convictions heurtent plusieurs principes moraux des sociétés occidentales (burqa, polygamie, groupes sectaires) et interpellent de plus en plus la société et les pouvoirs publics.

Si les formes les plus orthodoxes d’expression du croire ne correspondent qu’à des épiphénomènes des transformations du religieux contemporain, leur visibilité soulève la controverse tant en Europe qu’au Canada. C’est alors très souvent à partir d’une interprétation intuitive d’irrationalité que ces systèmes axiologiques étrangers aux cultures nationales vont être jugés par les acteurs sociaux ou politiques, et que toutes sortes de maux vont leur être attribués, cela précisément parce que ces formes de religiosités ne sont pas « accommodées » car « étrangères » à nos sociétés sécularisées.

Dans les débats publics, les acteurs (groupes religieux, partis politiques, universitaires, syndicats, médias, mouvements féministes) jonglent alors entre plusieurs répertoires normatifs pour désigner les groupes religieux visibles dans la sphère publique. On observe en effet : 1) l’emploi successif des notions de droits de l’homme (liberté de conscience et égalité), d’identité nationale, d’ordre public, de valeurs communes ou de laïcité; 2) l’opposition de plus en plus fréquente entre le religieux « culturel » (débats sur le crucifix dans les institutions publiques au Québec et en Italie) ou « acceptable » (volonté d’instaurer un « islam de France ») à un religieux qui choque et que l’on ne pourrait donc tolérer dans nos sociétés démocratiques (référendum sur les minarets en Suisse; interdiction du voile intégral ou controverses sur les sectes en France; politisation des discussions sur le halal en France et au Québec; débat sur la constitutionnalité de l’interdiction de la polygamie en Colombie-Britannique).

Ce colloque propose d’interroger, à partir de perspectives historiques, politiques, sociologiques et juridiques, les modalités par lesquelles l’État ajuste son obligation de neutralité en matière religieuse. Afin d’optimiser l’échange et les discussions, les chercheurs veilleront à articuler leurs présentations en gardant à l’esprit les questionnements sous-jacents à la préparation de ce colloque.

1) Autour de quels enjeux se cristallisent les tensions générées par la mise en oeuvre du principe de neutralité en matière religieuse?
2) Comment l’action de l’État neutre en matière religieuse contribue-t-elle à mettre en place des régimes de « reconnaissance » implicite?
3) Comment l’interaction entre acteurs religieux et État produit-elle des situations pratiques où le principe de neutralité est mis à l’épreuve?

La perspective transatlantique permettra de mettre en exergue les particularités des trajectoires nationales, mais aussi de pointer les convergences tant dans les inquiétudes exprimées que dans les réponses proposées. Le colloque favorisera donc le dialogue entre les chercheurs canadiens travaillant sur les questions de diversité et de multiculturalisme et les chercheurs européens oeuvrant dans ce domaine, à partir d’une approche interdisciplinaire concentrée sur la question de l’application du principe de neutralité en contexte de pluralisme religieux.

Programme

Le programme détaillé peut être téléchargé en cliquant ici.
Inscription obligatoire auprès de Geneviève Audet (genevieve.audet.3@umontreal.ca).

Organisateurs et partenaires

Colloque organisé par :
Valérie Amiraux, Département de sociologie (UdeM)
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux
David Koussens, Département d’études religieuses (U. de Sherbrooke)
Titulaire de la Chaire de recherche sur les religions en modernité avancée
David Gilles
, Faculté de droit (U. de Sherbrooke)
Centre de recherche sur la société, le droit et la religion (SoDRUS)

Le colloque est le fruit d’une collaboration entre le Centre d’excellence de l’Union européenne (Université de Montréal), la Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux, la Chaire de recherche sur les religions en modernité avancée, le Centre de recherche sur la société, le droit et la religion de l’Université de Sherbrooke (SoDRUS), la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, le projet PLURADICAL (FQRSC), le Centre d’études ethniques des universités montréalaises et le Centre d’études et de recherches internationales.

Quand ?

Vendredi 26 octobre, de 13h à 17h30
Samedi 27 octobre, de 9h à 18h00
Pour l'horaire détaillé, téléchargez le programme (PDF).

Où ?

Carrefour des arts et des sciences
Salle C-2059
Pavillon Lionel-Groulx
Université de Montréal

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