7 juin 2011 - Appel à contribution

Numéro spécial de Politique européenne « Les conséquences de l’adhésion sur les attitudes à l’égard de l’UE en Europe centrale et orientale »

Au cours du processus qui a mené à l’adhésion des pays post-communistes à l’Union européenne, plusieurs d’études ont expliqué le soutien à l’intégration par un calcul coûts-bénéfices distinguant les « gagnants » et les « perdants » de la transition: les plus jeunes, les mieux éduqués et les travailleurs actifs dans des secteurs à même de bénéficier de l’ouverture des économies se montrent généralement plus favorables à l’UE. Plus récemment, le facteur identitaire a été mis en avant comme un déterminant central des attitudes à l’égard de l’UE. Chez les nouveaux membres post-communistes, une souveraineté politique recouvrée depuis peu, le nationalisme et la diversité ethnique rendraient les questions identitaires particulièrement sensibles. Enfin, le contexte national est également pris en compte; aux yeux des citoyens, l’UE apparaîtrait d’autant plus attractive qu’elle pourrait remédier aux lacunes des institutions domestiques.

En dépit d’un apport indéniable, ces travaux n’explorent pas les perceptions quant aux conséquences de l’intégration. Nous ignorons toujours comment la « seconde transition », qui a remplacé une partie du cadre national existant par des éléments supranationaux, est perçue par les individus. L’intégration a apporté des changements importants, dont la libéralisation de l’économie, l’ouverture aux acheteurs et investisseurs étrangers, et la lutte à la corruption. Des modifications ont aussi été apportées aux politiques à l’égard des minorités ethniques ainsi qu’aux politiques régionales. Comment les citoyens réagissent-ils à ces changements, et comment ces réactions influencent-elles les attitudes à l’égard de l’UE? Ces questions sont d’autant plus pertinentes que les Eurobaromètres révèlent que la proportion de citoyens des membres post-communistes estimant que l’appartenance à l’UE est une bonne chose est passée de 55% à 46% entre 2003 et 2010. Aussi, bien que leur succès électoral demeure limité, certains partis pro-EU durant les années précédant l’adhésion se montrent également plus critiques depuis 2004. Ces changements suggèrent qu’un examen du rôle des préférences, perceptions et évaluations en lien avec les résultats de l’intégration contribuerait à faire avancer la compréhension de l’opinion vis-à-vis l’UE chez les nouveaux membres post-communistes.

Les propositions d’articles pour le numéro spécial pourraient porter sur les questions suivantes :

• Les perceptions à l’égard des changements apportés par l’adhésion. Les conséquences de l’intégration affectent-elles les attitudes à l’égard de l’UE? L’intégration touchant plusieurs domaines, les analyses pourront porter entre autres sur les effets des politiques concernant les minorités, la corruption, l’appartenance à l’espace Schengen, l’immigration, la présidence tournante de l’UE, l’adoption de l’Euro.

• La légitimité de l’UE. Quel poids ont les perceptions à l’égard de la qualité des mécanismes décisionnels (input legitimacy) et de la performance (output legitimacy) dans les évaluations des citoyens?

• Le lien entre les évaluations des systèmes nationaux et de l’UE. Après quelques années de membership, les évaluations des institutions, des politiciens et de la gouvernance dans l’UE se déclinent-elles indépendamment de celles des gouvernements et systèmes nationaux?

• L’influence de l’économie. Les attentes et les prévisions à l’égard des performances des économies nationales et des bénéfices individuels découlant de l’adhésion se sont transformées en constat. Cette transformation a t-elle modifié l’impact des évaluations économiques sur les attitudes à l’endroit de l’UE?

• Les perceptions par rapport aux pays candidats et candidats potentiels. Ces perceptions ont-elles été modifiées par l’acquisition du statut de membre de l’Union, par exemple à la lumière des budgets alloués à la mise à niveau des régions économiquement défavorisées?

• Le sens donné à l’Europe par les citoyens des PECO. Au-delà du « retour à l’Europe », quelles significations les citoyens de la région attribuent-ils au membership à l’UE, et comment ces significations s’articulent-elles aux identités nationales (ethniques, linguistiques ou culturelles) à l’Est?

Les analyses quantitatives comparatives portant sur l’opinion publique ou les opinions des élites politiques après 2004 sont particulièrement recherchées. Les analyses par pays seront également considérée, notamment si elles permettent de tester des hypothèses concernant le rôle de facteurs plus susceptibles de varier à court et moyen terme que les identités, le nationalisme ou l’appartenance à de grands groupes socio-économiques. Dans le cas d’analyses par pays, celles qui compareront des données de sondage ou d’entrevues colligées avant et après l’adhésion seront spécialement les bienvenues.

Les propositions d’articles originaux de 300 à 500 mots doivent être envoyées à Tania Gosselin (gosselin.tania@uqam.ca) avant le 15 juillet 2011. Les contributions peuvent être en français ou en anglais. Les articles complets comptant entre 8000 et 10 000 mots seront remis le 15 décembre 2011 et soumis à une revue par les pairs.  

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